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Le blog de Kincaid

Les Trois Mousquetaires

19 Juillet 2009, 20:31pm

Publié par Kincaid

D'Alexandre Dumas

Résumé :

Les 67 chapitres de ce roman racontent l'histoire d'un jeune gascon, d'Artagnan, venu chercher fortune à Paris. L'action se situe en 1625, sous le règne de Louis XIII. Le jeune gascon, courageux et rusé, est muni d'une lettre de recommandation de son père pour M. de Tréville, commandant des Mousquetaires. Très vite, d'Artagnan devient l'ami de trois gentilshommes, mousquetaires du roi, Athos (comte de la Fère), Porthos (du Vallon) et Aramis (Chevalier d'Herblay). Une vieille rivalité oppose les mousquetaires du roi aux gardes du Cardinal de Richelieu. Le quatuor se constitue d'ailleurs, à la suite d'un combat victorieux contre les gardes du Cardinal.

Athos, le comte de la Fère, a été ruiné par un tragique mariage avec une aventurière; Porthos, un géant, dont le véritable nom est du Vallon, est un compagnon plutôt débonnaire ; Aramis, chevalier d'Herblay, oscille, lui, constamment entre le mysticisme et amours galantes.

Les quatre amis au service du couple royal vont sauver la reine Anne d'Autriche des perfides manœuvres de Richelieu. Sur une insinuation du cardinal, le roi invite la reine à porter, lors du prochain bal de la cour, les douze ferrets de diamants, qu'il lui a naguère offerts. Or celle-ci a donné la précieuse parure à son amant, le duc de Buckingham.

D'Artagnan va se retrouver aux prises avec la perfide Milady de Winter, redoutable agent du cardinal, qui s'avère être aussi l'ancienne épouse d'Athos. Il va tomber également amoureux de Constance de Bonacieux, fidèle femme de chambre de la reine Anne d'Autriche.

D'Artagnan et ses amis sont chargés de récupérer les bijoux en Angleterre. Ils doivent affronter les agents de Richelieu, menés par le sombre Rochefort, et surtout Milady. Poursuivis par les gardes de Richelieu, au terme d'un parcours semé d'embûches, d'Artagnan et les Trois Mousquetaires réussissent à rapporter les ferrets à la reine. Alors que les mousquetaires brillent à nouveau au siège la Rochelle, Milady, qui a commandité le meurtre de Buckingham et fait empoisonner Constance Bonacieux, femme de chambre de la reine et aimée de d'Artagnan, est arrêtée et exécutée. D'artagnan, réconcilié avec le cardinal de Richelieu est promu lieutenant. Athos se retire à a campagne, Porthos se marie et Aramis devient prêtre.

Contexte Historique :

En 1625, Louis XIII règne sur la France avec son premier ministre, le cardinal de Richelieu. Sa femme est la reine Anne d'Autriche. Trop inexpérimenté pour gérer les affaires d'état, le Roi n'a pas d'autre choix que de se reposer sur son premier ministre, le Cardinal de Richelieu, dont le génie politique et stratégique assure la cohésion et la sécurité du royaume.

Dumas met en exergue le sentiment de défiance et les combats d'influence qui occupent constamment les deux hommes. Dans le roman, ceux-ci s'affrontent secrètement par l'intermédiaire de leur garde personnelle. Dumas exploite aussi l'hostilité connue entre la reine et le cardinal pour en faire un des ressorts de l'affaire des ferrets.


Source :

Le héros des Trois mousquetaires est basé sur le personnage historique de Charles de Batz de Castelmore d'Artagnan du régiment de Louis XIII des Cadets de Gascogne. Son nom est cité dans les mémoires et les correspondances de l'époque, notamment chez Madame de Sévigné. Alexandre Dumas disposait comme sources des Mémoires de M. D'Artagnan de Gatien de Courtilz de Sandras rédigé en 1700, 27 ans après la mort de d'Artagnan[Dumas y pioche quantité de détails, qu'il réécrit dans un style très personnel. Ainsi ce passage de Courtilz

Mes parens étoient fi pauvres qu'ils ne me purent donner qu'un bidet de vingt-deux francs, avec dix écus dans ma poche, pour faire mon voyage. Mais s'ils ne me donnerent guéres d'argent, ils me donnerent en recompenfe quantité de bons avis (Mémoires de M. D'Artagnan, chapitre Ier)

devient sous la plume de Dumas  :

une pareille bête valait au moins vingt livres : il est vrai que les paroles dont le présent avait été accompagné n’avaient pas de prix (Les Trois Mousquetaires, chapitre Ier)

Répercussions :

Le roman connut également un grand succès en dehors de la France et fut traduit en anglais en trois versions différentes dès 1846. Celle de William Barrow fait toujours autorité.Les Trois Mousquetaires inspirèrent très rapidement nombre d'auteurs qui lui inventèrent des suites, de nouveaux épisodes, ou qui le pastichèrent avec plus ou moins de verve.Un site web en a recensé plus d'une centaine. Du vivant même de Dumas, auteurs dramatiques et romanciers s'emparèrent des mousquetaires. En 1845, la comédie Porthos à la recherche d'un équipement d'Anicet Dumanoir mettait en scène un épisode de Vingt ans après. En 1858 paraissait les Amours de d'Artagnan, d'Auguste Blanquet, qui profitait du hiatus de vingt ans entre les Trois Mousquetaires et Vingt ans après pour imaginer la suite des aventures de d'Artagnan sous la Fronde (1648-3). À la mort de Dumas, Albert Maurin tenta de tirer profit de la popularité toujours intacte du gascon avec Les Véritables Mémoires de d'Artagnan (1874), banale version romancée des mémoires de Courtilz de Sandras.

L'engouement pour les Trois Mousquetaires continue plus d'un siècle après la parution du roman de Dumas, avec par exemple le D'Artagnan amoureux de Roger Nimier], adapté en 1970 pour la télévision par Yannick Andrei, ou Le Retour des trois mousquetaires d'un certain Nicolas Harin en 1997]. Récemment encore, Martin Winckler écrit un roman de formation, Les Trois Médecins (2006), dont la trame est décalquée sur celle du roman de Dumas.

Si d'Artagnan s'avère le grand favori de ces adaptations, les autres personnages du roman ont également inspiré plusieurs auteurs : en 1886, le théâtre L'Ambigu donnait Le Fils de Porthos, dont l'action se passe dans la période qui précède la révocation de l'édit de Nantes et met en scène le jeune et bouillant Joël, un breton, fils de Porthos, aux prises avec les ruses machiavéliques d'Aramis, le seul mousquetaire survivant.Dans Milady, mon amour (1986), l'auteur, Yak Rivais, embarrassé par certains aspects du roman devenus répugnants pour des sensibilités modernes, par exemple l'épisode de l'exécution de Milady, réécrit l'histoire avec plus d'indulgence pour ce personnage .

Avec Les Trois Mousquetaires, Dumas avait réussi ce paradoxe de populariser le roman historique en en faisant un roman de cape et d'épée et à donner ses lettres de noblesse au roman d'action en l'appuyant sur l'histoire. Il avait créé un nouveau héros positif, le gascon impécunieux, proche encore du picaro, mais noble et héroïque, fine lame et chevaleresque tout en restant humain dans ses faiblesses : l'irascibilité de d'Artagnan, la vanité de Porthos, l'ambivalence d'Aramis tiraillé entre Éros et Agapē, la mélancolie et l'alcoolisme d'Athos empêchent les mousquetaires d'être des héros parfaits comme le sera Raoul de Bragelonne, mais ces faiblesses font leur force littéraire. Le jeune d'Artagnan est la synthèse du miles gloriosus, ces matamores, Capitan et autres Capitaine Fracasse de la Commedia dell'Arte et du théâtre comique en général (Pistol ou Parolles chez Shakespeare) et du héros des romans de chevalerie. Il commence sa carrière sous les traits comiques d'un jeune Don Quichotte, et en quelques chapitres se métamorphose en un nouvel Achille. C'est ce personnage mi-comique mi-héroïque que l'on retrouve dans Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier (1863), ou dans Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand (1897).

Il avait aussi popularisé un type de récit où alternaient duels, intrigues politiques, chevauchées, enlèvements, passages dramatiques et comiques. La formule fera la fortune des romans feuilletons où excellent des auteurs comme Paul Féval (Le Bossu) ou Michel Zévaco (Pardaillan). Paul Féval fils se fera d'ailleurs une spécialité d'exploiter les riches filons inventés par ses prédécesseurs avec des titres comme D'Artagnan contre Cyrano de Bergerac, D'Artagnan et Cyrano réconciliés, ou Le Fils de D'Artagnan.

Mais la postérité des Trois Mousquetaires, le Un pour tous ! Tous pour un ! déborde largement le cadre de la littérature. Pour André Roussin, s'adressant aux membres de l'Académie Française en 1980, c’est le mythe de l’amitié entre les hommes qui, sous le double sceau de la loyauté et du courage, deviennent invincibles, et il ajoute C’est un grand mythe pour la jeunesse d’un pays. On a vu au temps de la clandestinité à quel degré de souffrance et à quels sacrifices il a conduit des milliers de jeunes gens, morts parfois de façon atroce, pour n’avoir pas livré le nom de leurs compagnons de réseau. Beaucoup d’entre eux avaient peut-être lu à douze ans Les Trois Mousquetaires et avaient conservé de cette lecture, le sens de la fraternité sacrée .Et l'académicien évoque ensuite le quatuor du tennis français des années 1920, Henri Cochet, Jacques Brugnon, René Lacoste et Jean Borotra, qui incarne par sa jeunesse, l'amitié entre ses membres et son apparente invincibilité un idéal si proche des héros de Dumas qu'ils sont surnommés Les Quatre Mousquetaires. En 1974, un grand distributeur voudra lui aussi tirer profit de cette image positive en choisissant un logo où apparaissent les mousquetaires, censés incarner l’égalité et le combat mené par l’enseigne pour la défense du pouvoir d’achat. En guerre contre la vie chère ....


Astuce :
Pour ceux qui ont un porte monnaie bouquin limité, cet ouvrage peut se trouver gratuitement sur internet!!

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