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Le blog de Kincaid

Les Fleurs du mal de Baudelaire

29 Juillet 2009, 17:18pm

Publié par Kincaid

Impossible pour moi de parler de poésie sans mentionner Baudelaire,


et notamment son oeuvre phare Les Fleurs du Mal  qui est l'un de mes recueils préférés de poésie.
J'ai donc décidé de faire une mini anthologie Baudelairienne de mes poêmes préférés:



L'albatros:

Souvent pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.
   
    À peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.
   
    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
    Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
    L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
   
    Le poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher. 
    


La fontaine de sang :

Il me semble parfois que mon sang coule à flots,
Ainsi qu'une fontaine aux rhythmiques sanglots.
Je l'entends bien qui coule avec un long murmure,
Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure.

À travers la cité, comme dans un champ clos,
Il s'en va, transformant les pavés en îlots,
Désaltérant la soif de chaque créature,
Et partout colorant en rouge la nature.

J'ai demandé souvent à des vins captieux
D'endormir pour un jour la terreur qui me mine;
Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine!

J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux;
Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles
Fait pour donner à boire à ces cruelles filles!


Don juan aux enfers :

Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine
    Et quand il eut donné son obole à Charon,
    Un sombre mendiant, œil fier comme Antisthène,
    D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.
   
    Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,
    Des femmes se tordaient sous le noir firmament,
    Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,
    Derrière lui traînaient un long mugissement.
   
    Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,
    Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant
    Montrait à tous les morts errant sur les rivages
    Le fils audacieux qui railla son front blanc.
   
    Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,
    Près de l'époux perfide et qui fut son amant,
    Semblait lui réclamer un suprême sourire
    Où brillât la douceur de son premier serment. 


Le chat :

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
    Retiens les griffes de ta patte,
    Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
    Mêlés de métal et d'agate.
   
    Lorsque mes doigts caressent à loisir
    Ta tête et ton dos élastique,
    Et que ma main s'enivre du plaisir
    De palper ton corps électrique,
   
    Je vois ma femme en esprit. Son regard,
    Comme le tien, aimable bête,
    Profond et froid, coupe et fend comme un dard,
   
    Et, des pieds jusques à la tête,
    Un air subtil, un dangereux parfum,
    Nagent autour de son corps brun.
    
    Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre
    Se tenait à la barre et coupait le flot noir ;
    Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,
    Regardait le sillage et ne daignait rien voir.

Voici une sélection de mes plus beaux poèmes, ce que je connais par coeur.J'aime également beaucoup, Le vampire mais j'ai déjà publié ce poème sur mon blog.

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B

j'adore baudelaire c'est mon poète préféré !


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K


Un de mes recueils préférés  de ce poète !