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Le blog de Kincaid

Des larmes au paradis, Annie Kochert

11 Septembre 2011, 17:15pm

Publié par Kincaid

Des larmes au paradis, Annie Kochert

Editions QUI LIT VIT (http://www.editionsquilitvit.com/)

262 pages

Prix : 19 euros

 

ISBN : 978-2-919760-03-9

 

Résumé :

  

Découvertes dans une petite pièce obscure – tenue secrète durant près d’un siècle –, deux photographies intrigueront les nouveaux propriétaires. Ils chercheront à connaître l’identité de la mystérieuse jeune femme représentée sur ces clichés, et se lanceront dans une enquête qui révélera, au fil des pages, la vie et le destin tragique d’une petite servante. Humiliée et abusée par le maître de maison, celle-ci aura une revanche outre-tombe que rien pourtant ne laissait présager…

Oscillant entre deux époques différentes, Annie Kochert nous plonge avec brio dans une véritable enquête que la simple découverte de deux photographies va enclencher. Menée de nos jours, elle trouvera une réponse qui se situe bien au-delà du temps. Le lecteur se laisse séduire par cette jeune servante au destin cruel. Du suspens aux émotions les plus fortes, une kyrielle de sentiments se succède dans ce roman écrit avec un style à la fois simple et authentique à l’image de son auteur.

  

  

 Mon avis :

  

  Une lecture inoubliable ! Une histoire poignante et envoutante qui nous raconte avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse le destin d’une jeune servante dans la France du début du XXème siècle.

Amandine Lautreuil n’arrive pas à cacher sa joie, depuis des jours qu’elle arpente les chemins de campagne au côté de sa mère, pour trouver du travail, la chance leur a enfin sourit et c’est le maître de la maison « le Paradis », Charles Desclots qui les embauche pour les travaux domestiques de sa demeure. Alors que tout commençait le mieux du monde, la jeune fille se prit à espérer des jours meilleurs pour elle et sa mère, destin qu’elles méritaient, mais la méchanceté de la maîtresse de maison, la mort de sa mère et les cruautés perverses du maître à son encontre eurent tôt fait de transformer le paradis d’Amandine en enfer et elle ne devra son salut que de ses plus proches amis, aussi serviteurs de la maison, Cécilia et Régis.

J’ai été complètement envoutée par la plume d’Annie Kochert qui, avec une écriture riche emplie de tendresse et de passion, nous entraîne en toute simplicité dans l’univers d’Amandine et tient par la richesse des émotions décrites, l’intérêt du lecteur tout au long du roman. Impossible de lâcher le livre tant l’ambiance qui se dégage de ces pages est obsédante. Annie Kochert joue avec une habile dextérité sur deux époques, mais que nous suivions les malheurs de la pauvre Amandine au XXème siècle ou l’enquête que mène les Lemoine, nouveaux arrivants au « Paradis »au XXIème siècle, pour découvrir qui était Amandine, le lecteur est tenu en haleine du début à la fin.  Cela fait quelques jours que j’ai fini de le lire et pourtant je suis toujours sous l’emprise de ce livre, il me suffit de fermer les yeux pour me replonger dans la maison du « Paradis », revoir les traits des personnages qui restent si vivaces à mon esprit, à tel point que j’ai encore l’impression d’être immergé dans cet univers !

Ce roman parle de l’amour d’une mère à sa fille, des relations maître/domestiques d’une période désormais révolue, de la folie d’un homme mais surtout et avant tout ce roman met en scène une jeune femme courageuse et sensible qui se battra, avec force et ténacité, jusqu’à son dernier souffle pour protéger ses amis.

Ce livre m’a vraiment touché, ému : je ne pense pas que je pourrais oublier un jour les sensations qui m’ont envahi à la lecture de ce livre, un livre puissant, touchant et extrêmement humain.

Ce roman est un véritable coup de cœur et je vous invite à le découvrir !

 

 Je remercie chaleureusement les Agents littéraires et les Editions Qui Lit vit pour m'avoir permis de découvrir ce merveilleux roman !

 

 

 

 

Note : 6b45701f

 

Je vous conseille d'aller faire un tour sur le site des Editions Qui Lit Vit qui présente une sélection d'ouvrages très intéressants : http://www.editionsquilitvit.com/

 

Et sur le site de l'auteur Annie Kochert : http://www.annie-kochert-officiel.fr/

 

Et voici un petit extrait :

  Août 1900…

 Les deux femmes dégringolèrent le talus qui bordait le ruisseau en riant. Après avoir rapidement ôté leurs sabots, elles se précipitèrent tout habillées dans l’eau fraîche, projetant des gerbes étincelantes sous le soleil. Leurs jupes gorgées de poussières se gonflèrent aussitôt, formant de gros ballons autour de leurs corps légers, les faisant s’esclaffer de plus belle. La plus jeune se laissa flotter en arrière, renversant sa chevelure flamboyante dans l’onde pure avec un soupir de bien-être.

 

   — Humm, c’est délicieux ! Dommage qu’il ne nous reste même pas un petit bout de savon, j’ai l’impression de tenir debout par la crasse !

 

   — Ce n’est pas qu’une impression, je te rassure, s’écria l’autre femme qui était remontée sur la berge cueillir des brassées de feuilles tendres. Si je ne me lave pas tout de suite je crois bien que je vais devenir folle ! Quel est ce fichu pays où l’on ne trouve d’eau que tous les quatre jours ?

 

   — N’exagère pas Maman, nous avons longé le canal du midi pendant deux jours entiers et tu n’as pas voulu t’y baigner !

 

   — Dans cette eau saumâtre ? Pouah ! Plutôt mourir. Tu oublies, Amandine, que les bateliers déversent tous leurs déchets par-dessus bord ! Et cette puanteur… non, merci bien ! Je ne tiens pas à me présenter en sentant le poisson pourri, la vase, et Dieu seul sait quoi !

 

   — Pour se présenter, encore faudrait-il trouver un maître, grogna la jeune fille en sourdine.

 

   Depuis un mois qu’elles avaient quitté leur dernier poste au Domaine des Oliviers, elles n’avaient rencontré personne acceptant de les embaucher. Une semaine auparavant, il y avait eu cette vigne, où le journalier conciliant les avait laissés ramasser quelques sarments coupés. Pendant près d’une heure, elles les avaient entassés correctement au bout du champ. Ce maigre travail contre une miche de pain, un demi-saucisson et une gorgée du bon vin du Minervois. Depuis, plus rien… Les portes des domaines se refermaient brutalement avant même qu’elles n’aient le temps de se présenter. Leurs tenues pauvres et usagées, froissées d’être portées depuis si longtemps, n’inspiraient pas confiance et leurs mines affamées rebutaient les maîtres parcimonieux, eux-mêmes relativement à court d’argent. La culture de la vigne était un dur labeur, mais hélas le piètre vin qu’elles donnaient ne suffisait pas à  ses messieurs de la capitale. Du fait, les vignerons s’endettaient plus que de raison pour entretenir leur maisonnée et leurs divers serviteurs. Deux nécessiteuses de plus ne faisaient certes pas leur affaire ! Sophie Lautreuil, jeune veuve courageuse et volontaire, prenait toutefois la vie avec philosophie et optimisme. »

 

 

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H

Je vais attendre la sortie poche. Malheureusement les brochés sont cher et mon budget livre pas vraiment adapté. Déjà que les poches ne sont pas donnés......


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K


c'est dommage, il est vraiment très bien !



H

Le résumé est tentant. Et la couverture est très belle.


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K


Fonce ! Ce livre est génial !



A

Bonjour chère lectrice

Je viens de découvrir cette critique élogieuse et enthousiaste et je tenais à vous en remercier !
Bien souvent, les retours de lectures concernant ce roman sont touchants, mais là... Vous avez su retenir l'essentiel : ce que j'avais au fond du coeur en écrivant cette histoire.
Les nouveaux auteurs (ceux dont les médias ne parlent pas)ne boudent jamais de tels commentaires.
Celui-ci m'a profondément émue. Encore merci !

Amicalement,

Annie


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K


Bonjour,


Je suis contente que mon article vous plaise, votre livre le mérite amplement ! Je suis heureuse d'avoir découvert ce livre : c'est mon coup de coeur de la rentrée.


Amicalement,


kincaid